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Retouche ou post-production de base ?

Au fur et à mesure que je remettais des offres de prix pour mes travaux photo, je me suis rendu compte que mes clients ou clients potentiels avaient des difficultés à faire la différence entre la retouche et la post-production.

Alors, cette différence, quelle est-elle ?

Pour illustrer mon propos, j’ai pris un exemple.
Comme tout photographe pro devrait le faire, je travaille en RAW 16 bits. En numérique, le RAW est le format brut, l’équivalent de ce qu’on appelait le négatif du temps de   l’argentique. Le négatif, en argentique, avait besoin d’être projeté sur du papier photo pour donner la photo. C’était le passage par l’agrandisseur. Eh bien, le RAW, c’est la même chose. Le fichier RAW a besoin de passer par un programme dérawtiseur pour être révélé et lu par les ordinateurs. Il existe toute une floppée de programmes qui effectuent cette opération, dont Photoshop et Lightroom chez Adobe. Ce sont eux que j’utilise parce que ça fait des années que je travaille avec Adobe. Mais on peut en utiliser d’autres, il n’y a aucune obligation, tous font le même travail. Effectuer cette opération ne peut être considéré comme de la retouche proprement dit, car on ne touche pas à l’authenticité de l’image, on en révèle certains détails qui y sont. Certains détracteurs estiment qu’ouvrir une image dans Photoshop, c’est déjà de la retouche. Or, il n’en est rien en ce qui concerne le traitement du RAW.

Les limites de l’appareil photo

Il faut savoir qu’un appareil photo, aussi perfectionné soit-il, n’atteindra jamais les performances de l’oeil humain. Un capteur photo ne supporte pas les trop grands contrastes de lumière, il lui est impossible à partir de 2 ou 3 indices de luminosité d’écart d’effectuer ses réglages correctement. On a donc la possibilité de l’aider un peu dans le réglage des niveaux. J’ouvre une parenthèse : parfois les limites de l’appareil photo donnent de très beaux résultats qu’on n’a pas envie de corriger. Ce sont de heureux hasards. Je pense que ça doit faire partie de la démarche créative : pour moi, le principe de la photo, sa difficulté aussi, c’est de raconter une histoire en une seule image. La plus grand réussite, toujours de mon avis personnel, c’est de pouvoir combiner sur cette image la quasi-perfection technique à la transmission de l’émotion de cette histoire. C’est l’alliage des deux qui engendre la belle photo. L’un ne va pas sans l’autre. Même si parfois, on aime bien l’une ou l’autre photo pas bonne techniquement parce qu’il y a une émotion derrière. Celles-là sont de bonnes photos. Pas plus.

Donc, la post-production de base rectifie les erreurs de l’appareil photo qu’on n’a pas pu rectifier pendant la prise de vue (l’idéal étant de pouvoir le faire à la prise de vue, ce qui n’est pas toujours possible comme le montre mon exemple). Sur la photo ci-dessus, la photo 2 est le résultat de la post-production de base, la 1 étant l’original tel qu’il sort de l’appareil photo. Par rapport à la 1, j’ai réglé la netteté (obligatoire pour TOUS les RAW) et puis les niveaux d’exposition, sur différents paramètres. A la prise de vue, nous avions une situation problématique : beaucoup de soleil, un cheval noir qui bouge. C’était dans le cadre d’une session de portraits pour le propriétaire du cheval. Quelle est la priorité de la photo dans ce cas-ci ? Le cheval, puisque le propriétaire en voulait un souvenir. On aurait très bien pu dire que c’était l’environnement qui était prioritaire, le paysage avec un cheval dedans. Donc pour mon petit cheval noir, j’ai pris mes références sur lui (si j’avais réalisé des photos de paysage, j’aurais mesuré l’éclairage de l’environnement et j’aurais eu un cheval en silhouette, c’est un tout autre parti pris, ce n’était pas celui pour lequel j’ai opté à ce moment-là). Ce qui signifie que la cellule photosensible de mon appareil photo se dit : “Oula, la scène est fort foncée (le cheval noir en occupe les 3/4), nous allons donc ouvrir plus le diaphragme pour l’éclairer”. Si j’avais été en situation statique (un cheval qui ne bouge pas), j’aurais alors rectifié tout de suite cette erreur d’appréciation de la cellule. Mais le cheval bougeait (galopait même) et donc, je le photographiais en quelques secondes de très près comme sur cette photo ou de très loin quand il s’éloignait au galop. J’ai opté pour la sécurité, car une tache noire sur la photo à la place d’un cheval, n’est pas du meilleur effet (même si je caricature un peu). Bref, au résultat, ma photo à son arrivée dans Lightroom est trop claire, c’est le meilleur compromis que j’ai trouvé, en sachant que je pourrais rectifier dans une certaine mesure. Contrairement à l’argentique, en numérique, il est plus facile de récupérer des zones trop claires que des zones trop foncées. Dans une certaine mesure bien sûr (pas question de récupérer 10 indices de luminosité, hein !).

La retouche proprement dite

Voilà donc ma photo 2, telle qu’elle a été livrée dans un premier temps au client, dans le contexte de sa commande “forfait de base”. Maintenant, je crois vous l’avoir déjà dit, je suis une indécrottable perfectionniste. Donc, pendant la prise de vue, le client avait voulu garder le licol du cheval (parce qu’il aurait été encore plus ingérable sans). Moi, j’aime bien les chevaux en liberté, galopant au vent. Autant aller jusqu’au bout. C’est là que ma retouche intervient.
Là où la post-production de base peut se pratiquer en lot pour toutes les photos ayant subi le même éclairage, la retouche est individuelle et doit obligatoirement passer par Photoshop (une retouche comme celle-ci, du moins).

Sur l’exemple 3, j’ai donc enlevé le licol de notre cheval noir et sur la 4, c’est ma touche personnelle, je voulais une atmosphère plus sombre, plus “stormy”, donc je me suis lâchée. J’ai amplifié le côté brillant du cheval en jouant sur les courbes et je l’ai isolé de l’arrière-plan, ce qui renforce sa présence. En tout, 90 minutes de travail, en deux étapes. Et je suis assez rapide dans ce type de travail.

Pour la post-production de base avec un outil comme Lightroom, qui permet certaines automatisations et des traitements par lot, avec l’expérience et la pratique, j’ai atteint une vitesse de croisière  moyenne d’une heure par 100 photos (ça peut parfois varier, mais j’essaie de m’y tenir). Je peux effectuer certaines petites corrections individuelles dans Ligthroom (comme des retouches faciles sur le visage), mais les corrections plus importantes, comme enlever certains éléments ou du détourage proprement dit doivent passer dans Photoshop.

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